Vladimir Poutine a élargi l’unité de sécurité d’élite chargée de le protéger face aux craintes croissantes de tentatives d’assassinat.
Plus de deux douzaines d’officiers supplémentaires seront ajoutés à l’appareil central du Service fédéral de protection (OFS) russe, portant ses effectifs de 785 à 812.
C’est la quatrième fois que Poutine renforce ses forces depuis qu’il a ordonné une invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022, alors que les inquiétudes concernant sa sécurité personnelle se sont accrues.
Cette décision intervient alors que la guerre en Ukraine se poursuit, les frappes russes sur Kiev faisant au moins 10 morts et plus de 50 blessés jeudi.
Le FSO est chargé de protéger les hauts dirigeants russes et ses fonctions vont de la garde du président et de ses résidences à la sécurisation des communications de l’État et à son accompagnement lors de voyages officiels.
L’agence est également chargée de protéger les membres de la famille et de l’entourage de Poutine. L’organisation dans son ensemble emploierait plus de 50 000 personnes.
La dernière expansion, entrée en vigueur mercredi, fait suite à des années de sécurité renforcée autour du leader du Kremlin.
Avant l’invasion de l’Ukraine, le nombre d’officiers dans l’appareil central du FSO est resté pratiquement inchangé pendant plus d’une décennie.
Vladimir Poutine a élargi l’unité de sécurité d’élite chargée de le protéger face aux craintes croissantes de tentatives d’assassinat. Sur la photo : Poutine organise une cérémonie de remise de prix pour le régiment présidentiel de la Garde fédérale
Le président russe Vladimir Poutine préside une réunion du Conseil de sécurité au Kremlin à Moscou, le mercredi 1er juillet 2026.
Les médias russes indépendants ont rapporté que l’influence de l’agence s’est considérablement accrue pendant la guerre, devenant l’une des institutions les plus puissantes du Kremlin.
Les estimations des services de renseignement européens suggèrent que l’OFS a introduit cette année des procédures de sécurité de plus en plus strictes en réponse à la menace croissante posée par les drones à longue portée ukrainiens, ainsi qu’aux craintes d’un éventuel coup d’État ou d’une tentative d’assassinat.
Il est interdit au personnel travaillant à proximité immédiate de Poutine d’utiliser des téléphones portables ou d’autres appareils connectés à Internet ou d’utiliser les transports publics, écrit The Telegraph.
Ils ont également installé des systèmes de sécurité dans leurs maisons.
Même les montres-bracelets ont été mises sur liste noire et les responsables ont reçu l’ordre de les retirer en présence de Poutine depuis la mi-avril, selon une source interrogée par la chaîne Telegram Mozhem Obiasnit.
Le FSO est devenu l’une des institutions les plus influentes du Kremlin, ses services au sein de cette agence d’élite servant souvent de tremplin vers des postes élevés dans le cercle restreint de Vladimir Poutine.
Parmi ses anciens élèves les plus éminents figure Alexei Dyumin, qui est passé du statut de membre personnel du président russe à celui de commandant des forces d’opérations spéciales avant de devenir vice-ministre de la Défense.
Depuis 2024, il est secrétaire du Conseil d’État de Russie.
Malgré sa formidable réputation, l’agence a subi des failles de sécurité embarrassantes.
En 2024, les journalistes de Mondo ont suivi les mouvements de Poutine à l’aide de données publiques sur la condition physique téléchargées sur l’application Strava par des agents du FSO.
Une femme regarde un immeuble en feu après une attaque de missile russe sur Kiev, en Ukraine, le jeudi 2 juillet.
Une femme pleure alors qu’elle tient un enfant près d’un immeuble résidentiel endommagé lors d’une nuit de frappes de missiles et de drones russes, au milieu de l’attaque russe contre l’Ukraine, à Kiev, en Ukraine, le 2 juillet.
Des itinéraires de course semblent relier le dirigeant russe à deux propriétés de luxe qu’il a longtemps nié posséder : un vaste palais surplombant la mer Noire et une somptueuse retraite au bord d’un lac en Carélie.
Les données ont également révélé les mouvements du personnel de sécurité avant une réunion top-secrète avec Kim Jong Un à Blagovechtchensk, ainsi qu’avant d’autres réunions diplomatiques avec des dirigeants mondiaux.
Cela survient alors que les forces russes ont attaqué Kiev jeudi alors que des drones et des missiles ont frappé des bâtiments résidentiels, ce que la Russie a qualifié de représailles aux récentes attaques contre ses infrastructures civiles.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait précédemment mis en garde contre une possible attaque nocturne et avait déclaré qu’il écourtait sa visite à Dublin pour le début du mandat de six mois de l’Irlande à la présidence tournante de l’UE.
Le maire de Kiev, Vitalii Klitschko, a déclaré sur Telegram que 10 personnes avaient été tuées, tandis que six étages d’un immeuble résidentiel partiellement effondré après un tir direct par un missile russe avaient été endommagés.
Des vidéos de Reuters montraient les services d’urgence travaillant dans les décombres de l’ancien bâtiment de neuf étages alors que le soleil se levait sur Kiev et que les incendies faisaient rage dans la ville.
Timur Tkachenko, chef de l’administration militaire de la capitale, a déclaré que 56 personnes, dont deux enfants, avaient été blessées et que trois douzaines de sites à travers la ville avaient été endommagés lors des attaques.
“L’ennemi a de nouveau délibérément ciblé des zones résidentielles et tué des civils. Nous avons subi de lourds dégâts et un nombre important de victimes, dont des enfants”, a-t-il écrit sur Telegram.
Dans une annonce antérieure, Klitschko avait déclaré que parmi les blessés figuraient un ambulancier et un chauffeur au poste d’ambulance, et que certaines personnes étaient toujours coincées dans des bâtiments résidentiels endommagés.
Des images publiées en ligne montraient un incendie incontrôlable au sommet d’un immeuble situé sur le boulevard central Shevchenko, tandis qu’ailleurs dans la ville, des fenêtres étaient arrachées et des voitures détruites.