Une Tesla a pris feu dimanche dans la ville de Genève alors que des milliers de manifestants se rassemblaient à l’approche du sommet du Groupe des Sept (G7), des affrontements ayant éclaté entre manifestants et policiers après ce qui avait commencé comme une marche pacifique.
Une épaisse fumée noire s’est élevée au-dessus de la ville alors que les manifestants jetaient des briques et de la poussière sur la police anti-émeute alors que la scène devenait chaotique dans l’après-midi. Les fenêtres de bâtiments associés à des organisations internationales telles que les Nations Unies (ONU) et à des entreprises ont été détruites, soulignant la tension dans la ville qui incite les dirigeants du monde à se réunir de l’autre côté de la frontière française.
Les autorités ont indiqué qu’environ 20 000 personnes avaient pris part à la manifestation, même si la marche s’est initialement ouverte sans incident majeur avant que de petits groupes ne se séparent et ne se livrent à des actes de vandalisme et à des affrontements avec la police. Les manifestants ont ramassé des pierres au sol et les ont lancées sur les policiers, tandis que des gaz lacrymogènes de la police volaient dans le centre de Genève alors que les familles et les personnes se déplaçaient pour quitter la zone.
La marche pour la paix devient violente
La manifestation a été organisée dans le cadre d’une mobilisation plus large en amont du sommet du G7, qui se tiendra du 15 au 17 juin à Evian-les-Bains, en France, sur les rives du lac Léman. Les manifestants ont présenté le rassemblement comme une opposition à ce qu’ils considèrent comme la concentration du pouvoir économique et politique entre les pays riches. Les organisateurs de la manifestation ont imprimé un manuel à l’intention des manifestants qui comprend une carte du périmètre de sécurité, des conseils sur la manière de se rendre à la marche et des conseils sur la manière de se comporter en cas d’arrestation par la police.
Plus tôt dans la journée, la marche a parcouru les rues de Genève avec des foules, des banderoles et une présence policière visible. Les entreprises situées le long des principales routes ont fermé leurs fenêtres en prévision de troubles après que les autorités ont averti que des violences étaient possibles.
Le ton a changé plus tard lorsqu’un petit groupe de manifestants a commencé à cibler les symboles du capitalisme et de la gouvernance mondiale. Tesla était garée à côté de l’arrêt de bus central, ce qui a nécessité l’intervention des pompiers, tandis qu’une poignée de manifestants ont démoli les barrières en bois et les fenêtres d’une Banque du Léman et d’autres bâtiments ont été brisées.
Les autorités n’ont pas publié de bilan complet des arrestations ou des blessures liées aux émeutes de dimanche.
De nombreux manifestants ont déclaré que leur colère était enracinée dans la frustration face aux inégalités, à la mondialisation et à l’influence des élites riches dans la prise de décision mondiale.
“Pour moi, c’est une réunion de riches qui montre une fois de plus comment les riches peuvent devenir plus riches tandis que les pauvres sont laissés pour compte”, a déclaré une manifestante, Pippa Saugy, selon Reuters.
Cette démonstration intervient quelques jours seulement après que le PDG de Tesla, Elon Musk – qui a également travaillé comme conseiller du président Donald Trump – soit devenu le premier milliardaire au monde, avec l’entrée tant attendue en bourse de SpaceX, à 150 dollars par action. Il s’agit d’une étape importante qui a intensifié le débat sur la concentration des richesses et le pouvoir des entreprises.
Alors que la manifestation couvrait diverses revendications, l’incendie d’une Tesla a attiré l’attention en tant qu’acte symbolique, liant la colère du système économique mondial et l’une de ses figures les plus visibles, associée à une richesse et une influence extrêmes.
D’autres manifestants ont abordé des questions telles que le changement climatique, l’inégalité entre les sexes et l’orientation plus large de la politique économique mondiale. La diversité des enjeux reflète la large coalition de groupes qui se mobilisent traditionnellement autour du sommet du G7.
Sécurité renforcée avant le sommet
Les manifestations de dimanche ont eu lieu dans un contexte de préparation sécuritaire accrue dans toute la région, les autorités anticipant de nouvelles manifestations liées au sommet.
De l’autre côté de la frontière française, le pays a annoncé le déploiement de plus de 13 000 policiers et gendarmes pour assurer la sécurité dans la zone du pic. Plus de 800 agents français chargés du contrôle des frontières seront actifs, contre une soixantaine normalement.
Des dirigeants des États-Unis, de Grande-Bretagne, de France, d’Allemagne, d’Italie, du Canada et du Japon, ainsi que des représentants de l’Union européenne (UE), sont attendus. L’ordre du jour du sommet comprend le conflit en cours au Moyen-Orient et en Ukraine, ainsi que les défis économiques et politiques plus larges auxquels l’ordre mondial est confronté.
Un schéma familier des manifestations du G7
Des manifestations à grande échelle ont longtemps suivi les sommets du G7, attirant souvent des militants opposés à la mondialisation, aux inégalités économiques et à l’influence des grandes puissances sur la gouvernance mondiale.
Les manifestations lors des sommets précédents ont parfois dégénéré en affrontements avec la police ou en dégâts matériels, même si les organisateurs ont généralement privilégié les manifestations pacifiques. Les responsables à Genève ont fait écho à ce schéma, affirmant que la plupart des participants de dimanche ne se sont pas livrés à des actes de violence.
La distinction entre les manifestations pacifiques et les petits groupes qui tournent à la confrontation constitue un défi récurrent pour les autorités qui tentent de concilier le droit de manifester et les préoccupations en matière de sécurité publique.
Que s’est-il passé ensuite
Le sommet du G7 devrait se dérouler comme prévu et les dirigeants du monde arriveront sous haute sécurité.