Le soutien à l’indépendance de l’Alberta a diminué alors même que la province se rapproche d’un référendum, selon un nouveau sondage Ipsos qui montre que l’élan séparatiste s’affaiblit à mesure que la perspective devient plus concrète.
Seulement deux Albertains sur dix déclarent qu’ils voteront cet automne pour déclencher un référendum contraignant sur l’indépendance, tandis que 18 pour cent déclarent qu’ils finiront par voter pour quitter le Canada si un tel vote a lieu – ces deux chiffres sont également derrière les partisans de la Confédération.
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Pourquoi c’est important
Le séparatisme albertain est apparu périodiquement en réponse aux tensions avec Ottawa, mais s’est rarement traduit par un soutien majoritaire. Des données récentes montrent que lorsque les électeurs sont confrontés à des implications pratiques, l’enthousiasme s’adoucit plutôt qu’il ne se renforce.
Le soutien diminue à mesure que le référendum se concentre
Le sondage Ipsos, réalisé en ligne entre le 28 mai et le 1er juin 2026, a interrogé 1 500 adultes canadiens, dont 600 Albertains, avec une marge d’erreur de ± 3,1 points de pourcentage.
Point clé
- Le soutien au déclenchement d’un référendum est égal à 19 pour cent, contre 72 pour cent contre.
- Le soutien à l’indépendance totale est tombé à 18 pour cent, en baisse de 10 points depuis janvier
- Les électeurs de l’opposition semblent plus motivés, 90 % d’entre eux affirmant que leur position est ferme.
- Le soutien est le plus fort à l’extérieur des grandes villes et le plus faible à Calgary
- Les électeurs plus jeunes sont plus ouverts à la sécession, tandis que les électeurs plus âgés y sont plus opposés.
Darrell Bricker, PDG d’Ipsos Public Affairs, affirme que les attitudes semblent changer à mesure que la proposition devient plus tangible. « Il semble que de plus en plus de gens pensent que c’est réel – l’acte de voter – et nous constatons un soutien en faveur d’un séparatisme doux », a-t-il déclaré à Global News.
L’opposition à la séparation semble également plus ancrée. Parmi ceux qui soutiennent le Canada, 90 pour cent déclarent que leur position est certaine, contre 70 pour cent qui soutiennent l’indépendance – un écart d’intensité qui pourrait façonner la dynamique de la participation.
“Cela montre que les gens qui veulent que l’Alberta vive au Canada sont vraiment motivés à voter pour”, a déclaré Bricker.
“Il y a un certain niveau de force que nous voyons dans le vote séparatiste, mais il est si petit qu’ils doivent vaincre tous ceux qui disent qu’ils voteront certainement – et peut-être trois fois de plus – pour pouvoir réellement participer à cette course.
Division par région, âge et parti
La géographie met en évidence la prochaine division.
- Le soutien à un référendum et à l’indépendance était le plus faible à Calgary, où 14 pour cent étaient en faveur du vote et 12 pour cent étaient en faveur de la sécession.
- Cela s’élève à 18 pour cent et 16 pour cent à Edmonton, et à 27 pour cent pour les deux mesures dans le reste de l’Alberta.
L’affiliation politique montre que les électeurs sont divisés. Parmi les partisans du Parti conservateur uni, les opinions sont divisées, tandis que les électeurs du Nouveau Parti démocratique y sont fortement opposés, avec plus de 90 pour cent en faveur du maintien au Canada.
L’âge joue également un rôle, le soutien à l’indépendance étant le plus élevé chez les moins de 35 ans, à 22 pour cent, contre 19 pour cent chez les 35 à 54 ans et 13 pour cent chez les 55 ans et plus.
La motivation évolue également. Une majorité de partisans séparatistes — 61 pour cent — affirment désormais que leur position est motivée par la conviction que l’avenir de l’Alberta sera meilleur à l’extérieur du Canada, tandis que 39 pour cent citent des griefs historiques. En janvier, ces chiffres se sont inversés.
D’autres sondages s’inscrivent globalement dans la même tendance. Un sondage de l’Institut Angus Reid mené du 22 au 24 mai a révélé que 35 pour cent seraient favorables au lancement du processus de séparation, comparativement à 60 pour cent qui voteraient pour rester au Canada. Les précédents sondages Angus Reid de février évaluaient également le soutien à l’indépendance à environ 30 pour cent.
Prises ensemble, les données montrent que le sentiment séparatiste a un plafond constant, qui ne s’est pas encore traduit par un soutien majoritaire, même lorsque la question est plus proche du vote.
Référendum expliqué
Les Albertains devraient voter le 19 octobre lors d’un référendum de 10 questions dont une question clé sur le séparatisme – mais pas de vote direct sur l’indépendance.
On demandera plutôt aux électeurs si le gouvernement provincial devrait entamer le processus juridique requis par la Constitution canadienne pour organiser un référendum exécutoire sur la sécession à une date ultérieure.
En d’autres termes, le vote d’octobre sur l’opportunité d’aller dans la deuxième direction, un référendum décisif sur l’indépendance, et non sur l’indépendance elle-même.
Cette différence crée un obstacle supplémentaire pour les séparatistes, qui doivent d’abord obtenir l’approbation d’un vote contraignant, puis obtenir le soutien de la majorité lors du prochain référendum.
Ce qui vient ensuite
La dynamique séparatiste albertaine semble limitée, mais ce n’est pas le cas. Le fait qu’environ un électeur sur cinq soit favorable à l’indépendance n’est pas suffisant pour organiser un référendum aujourd’hui, mais il représente néanmoins une base engagée – notamment en dehors des centres-villes et parmi les jeunes électeurs.
Pour les militants séparatistes, le défi n’est plus seulement la persuasion mais aussi la participation. Comme le note Bricker d’Ipsos, ils doivent mobiliser presque tous leurs partisans engagés – et peut-être davantage – pour rendre la course compétitive.
