Le Parti démocrate a publié vendredi son rapport très attendu sur l’élection présidentielle de 2024, détaillant ce qui a conduit à des pertes généralisées aux États-Unis.
Le rapport de 192 pages, publié par le président du Comité national démocrate Ken Martin après sa première fuite, cherche à répondre à des questions telles que la façon dont le parti a dépensé des milliards de dollars et comment il se comportera lors des élections de mi-mandat de 2026 et de 2028.
Bien que le rapport soit attendu d’ici la fin 2025, la DNC l’a jusqu’à présent caché au public. Martin a initialement décidé de mettre le rapport de côté, après plusieurs victoires démocrates en novembre.
“En bref, je ne voulais pas créer de distraction. Ironiquement, ce faisant, j’ai fini par créer une distraction encore plus grande”, a écrit Martin dans un communiqué vendredi. “Et sur ce, je m’excuse.”
Lire le rapport d’autopsie de la DNC 2024
Le document – produit par des auteurs alignés sur les démocrates mais explicitement nié comme ne représentant pas les vues officielles du DNC – émet de larges critiques sur le message, l’organisation et la stratégie à long terme du parti. Il affirme que la lutte des démocrates en 2024 n’est pas une défaite isolée, mais la poursuite d’un déclin de plus d’une décennie.
Le DNC a publié le rapport avec des annotations, indiquant son scepticisme à l’égard des sources et des entretiens.
Que dit le rapport d’autopsie sur la candidature du DNC à l’élection présidentielle de 2024 ?
À la base, le rapport décrit 2024 comme une année à la fois douloureuse et profondément lourde de conséquences.
Les démocrates ont perdu la présidence et des sièges clés au Sénat, même si les marges dans certains États du champ de bataille étaient minces. Le rapport note que quelques centaines de milliers de votes dans une poignée d’États détermineront le résultat, mais prévient que se concentrer sur la distance de la course risque d’obscurcir des problèmes plus vastes.
L’une des conclusions les plus frappantes est que l’avantage financier des démocrates ne s’est pas traduit par une victoire. Le parti a considérablement renforcé et défendu les Républicains lors des élections fédérales, mais n’a toujours pas réussi à reprendre le contrôle de la Maison Blanche. Le rapport se demandait si les dépenses du parti étaient utilisées efficacement, citant une forte concentration des ressources parmi un petit réseau de consultants et de sociétés de médias.
Le document met également en lumière des fissures au sein de la coalition démocrate. Cela souligne le déclin du soutien parmi les hommes, les électeurs de la classe ouvrière et les Américains sans instruction, en particulier dans les zones rurales. Les jeunes électeurs, en particulier les jeunes adultes, constituent un autre groupe dans lequel les démocrates peinent à maintenir le niveau de soutien observé lors des élections précédentes.
Pendant ce temps, les démocrates qui quittent les urnes surpassent souvent les premiers, ce qui indique que les électeurs sont ouverts aux candidats individuels mais moins convaincus par les campagnes nationales. Dans des États comme la Caroline du Nord, les candidats démocrates aux postes de gouverneur et de procureur général ont devancé les candidats à la présidentielle.
La messagerie est au centre des critiques. Le rapport indique que la campagne nationale n’a pas réussi à établir une identité claire et s’est trop appuyée sur l’opposition au républicain Donald Trump sans présenter d’arguments positifs convaincants. Il suggère également que les démocrates ont sous-estimé la nécessité de messages agressifs et contrastés, concluant que la réticence de la campagne à nier Trump a laissé les électeurs sans une vision globale des enjeux.
Stratégiquement, le rapport oppose ce qu’il décrit comme l’approche démocrate « toujours en retard » au modèle républicain « toujours actif ». Alors que les démocrates se sont concentrés sur les dépenses et la sensibilisation à la fin du cycle, les républicains ont maintenu un engagement tout au long de l’année qui a façonné la perception des électeurs bien avant les élections.
Dans le même temps, les efforts d’organisation du parti sont décrits comme étant à grande échelle et mal exécutés. Alors que les démocrates ont déployé des centaines de millions d’efforts pour contacter les électeurs, une grande partie de cette sensibilisation reposait sur des tactiques à faible réponse telles que les appels téléphoniques et les SMS plutôt que sur le porte-à-porte, que le rapport a identifié comme plus efficace.

Ce que préconise le rapport d’ici 2028
Même si une grande partie des reportages se sont concentrés sur le cycle électoral des deux dernières années, ils ont également donné au DNC une voie claire à suivre.
Le rapport indique que les démocrates ont besoin d’une « stratégie de parti majoritaire » sur 10 ans, qui comprend :
- Reconstruire les partis étatiques et locaux
- Investissez toute l’année, pas seulement en période électorale
- Renouer avec la classe ouvrière et les électeurs ruraux
- Moderniser les médias, la technologie et l’organisation
Matin a souscrit à certains de ces points dans sa réponse, déclarant : « Même si nous sommes concentrés sur la victoire des élections qui nous attendent en novembre, nous devons également garder les yeux rivés sur le long terme : comment nous gagnerons dans 5, 10 et 30 ans.