L’attention du monde entier se porte désormais sur le détroit d’Ormuz. Les Américains ont vu des groupes d’attaque aéronavals, des systèmes de défense aérienne et d’autres déploiements destinés à protéger la liberté de navigation. Le travail essentiel consistant à calculer les ambitions nucléaires de Téhéran et à trouver une solution durable à la réouverture des détroits relève de la voie diplomatique.
Pendant ce temps, quelque chose de fondamental s’est produit au Levant. Fermez-la.
En Syrie, c’est le gouvernement post-Assad qui attire l’attention. Les États-Unis ont achevé le transfert des principales installations militaires restantes au gouvernement intérimaire syrien, concluant ainsi une mission antiterroriste d’une décennie. Pour la première fois depuis des années, le drapeau américain flotte sur la résidence de l’ambassadeur à Damas et l’administration a informé le Congrès de son projet de réouverture diplomatique progressive.
Près de 18 mois après la chute du régime d’Assad, il est temps de passer à autre chose.
Cette évolution souligne une leçon durable sur l’art de gouverner américain : la puissance militaire à elle seule ne peut pas garantir les intérêts américains à l’étranger. La compréhension politique, des relations locales de confiance et une présence diplomatique sont essentielles, parfois davantage.
À mesure que les opérations militaires évoluent ou reculent, le besoin d’une diplomatie américaine compétente devient encore plus important. Rien ne remplace la vérité du sol. Pour pratiquer la diplomatie, il faut un diplomate. En cette période critique au Moyen-Orient, nous n’avons aucun ambassadeur américain en Égypte, en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, en Irak, au Koweït, au Qatar et en Algérie. Le Pakistan, centre de l’activité diplomatique dans la crise actuelle, est sans ambassadeur depuis janvier 2025.
A Washington, il n’y a pas de secrétaire d’État adjoint aux Affaires du Proche-Orient. L’Administration doit présenter des candidats qualifiés et le Sénat doit les confirmer.
La technologie, l’intelligence artificielle, l’imagerie satellitaire et la surveillance à distance peuvent faciliter la prise de décision. Mais ils ne peuvent pas remplacer les diplomates qui sont physiquement présents dans les sociétés étrangères, établissant des relations, comprenant les dynamiques locales et rendant compte de ce qui se passe réellement dans leur pays.
Les politiques durables dépendent de la compréhension humaine. Cela est particulièrement vrai dans des environnements instables et à haut risque où les transitions politiques, les gouvernements fragiles, les menaces terroristes et la concurrence régionale se produisent souvent simultanément.
Les risques associés à ces travaux sont réels. L’attentat à la bombe de 1983 contre l’ambassade américaine à Beyrouth, celui de 1998 contre les ambassades américaines à Nairobi et à Dar es Salaam, l’assassinat de l’ambassadeur Christopher Stevens à Benghazi et la question plus récente de l’incident présumé du syndrome de La Havane rappellent que le personnel diplomatique américain opérant à l’étranger reste vulnérable aux attaques terroristes à l’étranger. situation
La sécurité restera toujours importante. Mais la diplomatie est menée complètement derrière le risque accru de perdre le contact avec la population elle-même et que la réalité politique des États-Unis cherche à comprendre.
Le défi n’est pas d’éliminer les risques. Le défi consiste à gérer les risques intelligemment tout en préservant l’efficacité de la mission. C’est pourquoi le Congrès considère les réformes comme essentielles pour moderniser le Foreign Service Act et renforcer les capacités diplomatiques américaines.
Parmi les propositions examinées par la commission des affaires étrangères de la Chambre figurent l’autorité de créer un corps de réserve diplomatique pilote capable de déployer du personnel qualifié pour les situations d’urgence en matière d’affaires étrangères, ainsi que des réformes destinées à renforcer la diplomatie expéditionnaire dans des environnements à haut risque.
Le corps de réserve diplomatique proposé aiderait le Département d’État avec des capacités qui sont depuis longtemps reconnues comme essentielles dans l’armée : des effectifs supplémentaires, des compétences spécialisées et une flexibilité opérationnelle en temps de crise. Les guerres, les évacuations, les opérations d’application des sanctions, les cyberincidents et les effondrements politiques se produisent rarement selon un calendrier prévisible. Mais le Département d’État est souvent contraint de réagir en retirant du personnel d’autres missions critiques ou en s’appuyant sur des arrangements de personnel ad hoc.
Les capacités de réserve contribueront à combler cette lacune tout en élargissant l’expertise dont dispose la diplomatie américaine, notamment en incluant des personnes ayant une expérience dans les domaines de la logistique, de la cybersécurité, de la coordination humanitaire, de la gouvernance et des affaires régionales.
La réforme de la diplomatie expéditionnaire à l’étude reconnaît une deuxième réalité : l’autorité seule ne suffit pas sans attentes institutionnelles qui encouragent un engagement significatif au-delà des murs des ambassades. Une législation appropriée met l’accent sur la gestion des risques plutôt que sur leur évitement et renforce la responsabilité des chefs de mission pour garantir un engagement cohérent et efficace dans un environnement opérationnel complexe.
Le Congrès ne peut pas créer une culture institutionnelle. Mais elle peut fournir l’autorité, les ressources, les incitations et les attentes nécessaires pour la renforcer.
En fin de compte, la diplomatie expéditionnaire ne consiste pas à étendre la bureaucratie. Il s’agit de maintenir la capacité de l’Amérique à projeter une puissance politique et militaire efficace dans un monde de plus en plus dangereux et fragmenté.
L’armée américaine reste la meilleure force combattante au monde. Mais la puissance militaire ne peut à elle seule garantir des résultats politiques durables. L’influence durable de l’Amérique dépend de diplomates capables d’opérer dans des endroits difficiles, d’établir des relations locales de confiance, de maintenir une visibilité sur des situations en évolution rapide et d’aider les décideurs politiques à éviter les surprises stratégiques. Cette leçon a été apprise pendant des décennies à grands frais en Irak et en Afghanistan.
Même si la capacité de l’Amérique à accroître sa puissance militaire demeure inégalée, notre capacité à accroître ses prouesses diplomatiques et sa compréhension politique doit demeurer.
Le membre du Congrès Baumgartner représente le 5e district de Washington et siège à la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, apportant son expérience en tant que diplomate en Irak et conseiller en matière de lutte contre les stupéfiants en Afghanistan.
Ryan C. Crocker est un diplomate américain à la retraite qui a été ambassadeur dans six pays, dont l’Irak et l’Afghanistan, et a reçu la Médaille présidentielle de la liberté pour service public distingué.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur.