Le Colorado a promulgué ce que les législateurs ont décrit comme les lois sur la sécurité du covoiturage les plus strictes aux États-Unis, soulevant de nouvelles questions quant à savoir si d’autres États emboîteront le pas ou poursuivront une approche disparate pour réglementer des entreprises comme Uber et Lyft.
Le gouverneur démocrate Jared Polis a signé cette semaine le projet de loi (HB) 26-1424 après qu’une mesure similaire ait fait l’objet d’un veto en 2025, marquant le point culminant de plus d’un an de débat législatif et de négociations avec les géants industriels.
Pourquoi le Colorado a agi
La nouvelle loi a été motivée en partie par des préoccupations de sécurité très médiatisées. Le poste de Denver a rapporté que la représentante démocrate de l’État, Jenny Willford, l’une des parrains du projet de loi, a déclaré avoir introduit cette mesure après avoir été agressée sexuellement par un homme se faisant passer pour un chauffeur de covoiturage, un incident qui met en évidence les vulnérabilités des protections existantes.
Les législateurs à l’origine du projet de loi soutiennent que les changements augmenteront la protection des passagers et des conducteurs, positionnant le Colorado comme un leader national en matière de sécurité du covoiturage.
Une « bataille difficile » avec l’industrie
La loi n’est pas venue facilement. Les sponsors ont décrit une « bataille difficile » avec les grandes sociétés de covoiturage, qui se sont historiquement opposées à des réglementations plus strictes.
Polis a opposé son veto à une version précédente du projet de loi car il « imposerait des réglementations irréalisables » aux sociétés de covoiturage et « mettrait potentiellement en péril leurs opérations dans le Colorado ».
La version finale promulguée représente un compromis, mais elle marque néanmoins une extension significative du contrôle par rapport à la règle précédente.
Quelle est la nouvelle loi du Colorado ?
Les partisans affirment que la nouvelle loi impose des règles plus strictes aux sociétés de covoiturage afin d’améliorer la sécurité des passagers.
La législation s’appuie sur des propositions antérieures et comprend des exigences telles que :
Vérification des antécédents (pas une seule fois)
- Les entreprises doivent effectuer une nouvelle vérification des antécédents criminels tous les six mois des conducteurs
- Un contrôle supplémentaire est requis en cas de plainte contre le conducteur.
- Les grandes entreprises doivent également payer pour la vérification des antécédents
Examen obligatoire des conducteurs après plainte
- L’entreprise doit lancer un examen en vue d’une éventuelle désactivation dans les sept jours ouvrables si une plainte sérieuse est déposée.
Surveillance et partage d’informations renforcés
- Les régulateurs devraient créer un système pour partager des informations sur les conducteurs handicapés entre les entreprises afin d’empêcher les conducteurs dangereux de changer de plateforme.
Comment les États-Unis se comparent

La décision du Colorado met en évidence à quel point les réglementations du covoiturage restent inégales aux États-Unis, où les règles varient généralement selon les États.
Selon le Government Accountability Office, en général, 45 États et Washington DC exigent une vérification des antécédents criminels des conducteurs de covoiturage, mais la proposition du Colorado va plus loin en exigeant des contrôles continus et un suivi plus strict des plaintes, reflétant une approche plus proactive en matière de sécurité.
Voici ce que font certains États concernant le lancement de réglementations sur le covoiturage :
Californie
Outre le Colorado, la Californie, l’un des premiers États à introduire une réglementation du covoiturage, possède l’un des cadres les plus stricts.
Nécessite :
- La vérification des antécédents est obligatoire pour tous les conducteurs
- Les exigences en matière d’assurance sont élevées : jusqu’à 1 million de dollars de couverture de responsabilité civile pendant les trajets actifs
- Inspection annuelle du véhicule
Texas
Le Texas adopte une approche similaire, mais s’appuie davantage sur la conformité des entreprises.
Il impose :
- Vérification des antécédents du conducteur, y compris ses antécédents criminels et de conduite
- Structure d’assurance similaire à celle de la Californie (jusqu’à 1 million de dollars pendant les trajets)
Le système judiciaire américain affirme que les sociétés de covoiturage doivent procéder à des vérifications des antécédents des conducteurs, notamment en examinant les dossiers de conduite et les antécédents criminels.
New York
Les règles new-yorkaises sont nettement plus strictes à New York.
- Les conducteurs doivent obtenir une licence spéciale auprès de la Commission des Taxis et Limousines
- Ils doivent également souscrire une assurance commerciale
New York a également certaines des exigences de couverture de responsabilité civile les plus élevées du pays, pouvant atteindre 1,5 million de dollars.
Un modèle potentiel pour la politique nationale
Les partisans de la nouvelle loi du Colorado sur la sécurité du covoiturage affirment qu’elle pourrait servir de modèle à d’autres États aux prises avec des préoccupations similaires concernant la sécurité du covoiturage.
La question a pris de l’importance ces dernières années, les législateurs citant des rapports d’attaques, d’accidents et de cas d’usurpation d’identité comme preuve de la nécessité d’une surveillance plus stricte.
Dans le même temps, les réticences de l’industrie face aux « réglementations irréalisables » montrent à quel point il est difficile d’équilibrer la sécurité et de maintenir les services de covoiturage disponibles.
La clé à retenir
La nouvelle loi du Colorado marque une évolution vers une surveillance plus stricte des sociétés de covoiturage tout en soulignant la nature fragmentée de la réglementation du covoiturage à travers l’État. Que cela reste une exception ou devienne un modèle pour d’autres États pourrait contribuer à façonner la prochaine phase de la politique de sécurité du covoiturage aux États-Unis.