Les joueurs participant à la Coupe du Monde 2026 disposeront d’un nouvel outil pour signaler les abus racistes pendant les matches : croiser les bras pour former un « X » – un signal qui peut immédiatement déclencher le protocole anti-discrimination de la FIFA et potentiellement arrêter le jeu.
Le geste des bras croisés « Pas de racisme » a été introduit pour la première fois lors de la Coupe du monde féminine des moins de 20 ans 2024 en Colombie et est désormais déployé dans les compétitions de la FIFA.
L’instance dirigeante du football est confrontée à une pression constante pour réagir plus rapidement et plus clairement aux incidents racistes qui ont éclipsé à plusieurs reprises les grands tournois internationaux.
Le signal donne aux joueurs, aux arbitres et aux officiels d’équipe un moyen standardisé de signaler les abus discriminatoires et active immédiatement les procédures antiracistes de la FIFA en place pendant les matches.
Que se passe-t-il lorsqu’un joueur fait le geste « X » ?
Selon les règles de la FIFA, ce geste peut être utilisé par des joueurs, des arbitres ou des officiels d’équipe témoins de comportements racistes ou discriminatoires.
Une fois cela fait, le « X » devient un signal clair pour les officiels de lancer le protocole anti-discrimination en trois étapes du football.
La première étape exige que les arbitres arrêtent le jeu et ordonnent des annonces dans le stade avertissant que les comportements discriminatoires doivent cesser.
Si les abus continuent, le joueur peut être expulsé du terrain et le match suspendu. Si la situation ne s’améliore toujours pas, l’arbitre a le pouvoir d’abandonner complètement la partie.
La FIFA a déclaré que ce geste ne remplace pas le processus existant mais en fournit un déclencheur clair et visible.
En quoi est-ce différent des approches précédentes ?
Même si les procédures anti-discrimination de la FIFA sont en place depuis des années, leur mise en œuvre dépend souvent du fait que les arbitres identifient les abus commis contre eux-mêmes ou que les joueurs signalent verbalement les incidents pendant les matches.
Le nouveau signal vise à lever cette ambiguïté. En donnant aux joueurs une attitude universellement reconnue, la FIFA espère que les incidents pourront être identifiés plus rapidement et corrigés de manière cohérente.
Cette décision reflète également des années de critiques de la part des joueurs et des militants antiracistes, qui affirment que les instances dirigeantes n’agissent pas toujours de manière décisive en cas d’abus.
La FIFA a inscrit ce geste dans le cadre d’un effort plus large visant à standardiser l’application de la lutte contre le racisme à l’approche de la Coupe du monde élargie de 2026, qui se jouera aux États-Unis, au Canada et au Mexique.

Le racisme derrière le mouvement
Des abus racistes sont apparus à plusieurs reprises lors de grands tournois internationaux et de matchs très médiatisés ces dernières années.
L’un des cas les plus célèbres s’est produit lors du match de qualification pour l’Euro 2020 entre l’équipe nationale de football d’Angleterre et la Bulgarie en 2019, lorsque le jeu a été arrêté à deux reprises après que des joueurs anglais aient été visés par des chants et des gestes racistes.
L’arbitre a suivi le protocole antiraciste de l’UEFA en arrêtant le jeu et en émettant un avertissement au stade, et le match était serré.
Lors de la dernière Coupe du monde masculine au Qatar en 2022, la FIFA a de nouveau pris des mesures disciplinaires pour comportement discriminatoire. Cela inclut des sanctions contre la fédération à la suite d’incidents impliquant des chants offensants ou discriminatoires de la part de supporters lors de matches.
Les abus se sont étendus au-delà du stade. Bukayo Saka, Marcus Rashford et Jadon Sancho ont été victimes d’abus racistes en ligne après la défaite de l’Angleterre aux tirs au but contre l’Italie lors de la finale de l’Euro 2020. Cela a donné lieu à une enquête policière et à une condamnation généralisée.