Deux juges de la Cour suprême des États-Unis ont refusé de participer à une décision rendue lundi liée à un appel fédéral concernant des condamnations pour armes à feu et le paiement des pensions.
Les juges conservateurs Amy Coney Barrett et Samuel Alito ont chacun laissé des questions distinctes liées aux décisions des tribunaux inférieurs – des mesures qui n’ont pas été formellement expliquées mais qui étaient conformes à une pratique judiciaire de longue date visant à éviter des conflits potentiels.
Quoi de neuf?
Barrett s’est récusé de la décision jointe au cas du Septième Circuit impliquant le prisonnier fédéral Eural Black, tandis qu’Alito n’a pas participé au cas lié au Quatrième Circuit concernant le conflit sur les prestations de retraite entre anciens employés et entreprises liées à DuPont et Corteva.
Dans l’affaire Black, le septième circuit a statué qu’un homme purgeant une longue peine liée à une « pile » de condamnations pour armes à feu ne pouvait pas obtenir une réduction basée sur les modifications apportées par le First Step Act. Black a fait valoir que l’écart entre sa peine et ce qu’il recevrait aujourd’hui devrait être considéré comme un motif « extraordinaire et impérieux » de libération anticipée.
Le tribunal a déclaré que son propre précédent interdit toujours d’utiliser ces réformes de détermination de la peine comme base pour une libération pour raisons humanitaires, même après qu’une nouvelle politique de la Commission américaine de détermination de la peine ait suggéré le contraire.
Dans d’autres cas, Gasper c.EIDP, Inc.Le Quatrième Circuit s’est rangé du côté de l’entreprise défenderesse dans un différend concernant le paiement des retraites. Le demandeur David Gasper a fait valoir que sa prestation de retraite mensuelle avait été réduite de manière inappropriée après son divorce, mais le tribunal a jugé que la méthode du plan de l’administrateur visant à répartir le coût de la prestation de survivant sur la pension totale était valide.
Le Quatrième Circuit a également rejeté la demande de dommages-intérêts punitifs de Gasper pour retard dans la divulgation des documents, ne trouvant aucune preuve de parti pris ou de mauvaise foi.
Les deux appels ont été accueillis, ce qui signifie que la décision du tribunal inférieur est maintenue dans son intégralité.
Pourquoi Barrett et Alito s’absentent ?
La Cour suprême n’explique généralement pas pourquoi les juges se récusent, mais la raison est souvent perceptible à partir du contexte.
Les experts juridiques classent généralement les récusations en plusieurs catégories standards : implication antérieure dans une affaire, intérêt financier ou relation personnelle avec les parties impliquées.
L’absence de Barrett est cohérente avec l’un des déclencheurs les plus évidents de la démission : une implication judiciaire préalable. Les juges se récusent régulièrement des affaires qu’ils ont traitées plus tôt dans leur carrière dans les tribunaux inférieurs, évitant même l’apparence de réviser leur propre travail, et Barrett a déjà siégé au septième circuit.
La récusation d’Alito, en revanche, n’a pas été expliquée de manière générale, mais en lien avec un autre scénario courant : d’éventuels conflits financiers impliquant des entreprises. Les lois fédérales en matière d’éthique exigent que les juges se prononcent sur les cas où leur impartialité « peut être remise en question », notamment lorsqu’ils ont un intérêt financier dans une entreprise impliquée dans le litige.
Pourquoi c’est important
Les récusations mettent en évidence la tension au sein de la Cour suprême entre les pratiques éthiques judiciaires standard et les questions plus larges de transparence et de responsabilité.
D’une part, les récusations constituent un élément normal et nécessaire du travail de la Cour. Les juges partent régulièrement pour se conformer aux règles éthiques, garantissant que les affaires sont tranchées sans parti pris ni conflit. Étant donné que la Cour ne compte que neuf membres et entend des dizaines d’affaires par mandat, il est courant que les décisions, notamment procédurales, soient rendues avec moins de neuf juges participants.
D’un autre côté, les récusations sont devenues un point central des récents débats sur l’éthique de la Cour suprême.

Les critiques affirment que le système repose en grande partie sur l’autorégulation, chaque juge décidant lui-même de se retirer ou non. Contrairement aux juges des tribunaux inférieurs, les juges de la Cour suprême ne sont pas soumis à des mécanismes externes d’exécution des décisions de récusation, et ils ne sont pas tenus de fournir des explications.
Ce manque de transparence a conduit à une surveillance accrue ces dernières années, en particulier dans des affaires très médiatisées où certains juges ont refusé de se récuser malgré les appels des législateurs ou des groupes de surveillance.
Par exemple, le juge Samuel Alito a fait l’objet de critiques concernant la décision de ne pas s’écarter dans des affaires impliquant des controverses politiques, tandis que le juge Clarence Thomas a fait l’objet d’un examen minutieux en raison de cadeaux et de relations non divulgués qui posaient des questions sur des conflits. Cet épisode a conduit à des appels bipartites en faveur de règles éthiques plus claires et d’exigences de divulgation plus détaillées.
Dans ce contexte, les récusations de routine – comme celles de Barrett et Alito – rappellent la manière dont le système est censé fonctionner, même si les critiques réclament plus de cohérence et d’ouverture.
Vue d’ensemble
Bien qu’aucune des affaires ici ne concerne des décisions à succès de la Cour suprême, la Cour ayant simplement refusé d’intervenir, permettant ainsi le maintien de la décision d’appel, les récusations reflètent toujours une dynamique institutionnelle plus large.
Ils montrent :
- La fréquence à laquelle des conflits peuvent survenir, en particulier dans les cas impliquant de grandes entreprises ou une longue histoire de litiges
- Comment la justice pèche par excès de prudence dans certaines situations, s’écartant pour éviter les problèmes éthiques
- Le public est souvent peu informé de cette décision, en raison de la pratique de longue date de la Cour de garder le silence sur les raisons du retrait.
Alors que le débat sur l’éthique judiciaire se poursuit, chaque récusation – routinière ou non – ajoute une donnée supplémentaire au débat croissant sur la manière dont la Cour suprême concilie indépendance et responsabilité.