Une série d’images du Paris des années 1970 évoque le style distinctif et le charme perdu de la capitale française, offrant un aperçu de la ville avant qu’elle ne devienne la métropole animée qu’elle est aujourd’hui.
Une superbe exposition de photographies amateurs prises il y a environ cinquante ans offre des vues de rues pavées bordées de petites boutiques, ainsi que de cours parisiennes cachées de la Renaissance.
Depuis le 1er juin, la Bibliothèque historique de la Ville de Paris expose une sélection de 100 000 images couleur et noir et blanc prises par 15 000 photographes dans chacun des 1 755 quartiers de la capitale.
Les images saisissantes montrent des rues animées remplies d’écoliers et de vendeurs nettoyant devant leurs fenêtres.
Ils montrent une ville recouverte d’affiches politiques colorées et de voitures anciennes, qui à la fois s’effondre et se reconstruit.
On est bien loin de la façon dont Paris est perçu aujourd’hui, avec ses chaînes de restaurants et ses boutiques de mode rapide bordant les rues.
Une photo montre un petit bus en fer blanc récupérant les habitants dans une rue pavée, tandis qu’une autre montre des tourtereaux regardant avec admiration la Tour Eiffel.
Une autre photo en noir et blanc montre des Parisiennes assises sur un banc, tenant d’élégants sacs à main.
Une photo montre un petit bus en fer blanc récupérant les habitants dans une rue pavée
Les routes étaient bordées de voitures anciennes
Les jeunes mariés se tiennent la main en admirant la célèbre Tour Eiffel à Paris
Sur une photo, des écoliers marchaient le long de la route à côté du chantier de construction.
La photo montre un vendeur balayant avec un balai en bois
“Ces photographes amateurs regardent les personnes âgées avec douceur et attention”, explique Juliette Eimeoud, commissaire de l’exposition.
Bérenger de l’Epin, archiviste à la bibliothèque, a déclaré que les photographies semblaient fraîches et représentaient “un côté cinématographique qui nous donne une vision d’un Paris à la fois familier et délicieusement décalé”.
La collection permet au spectateur “d’explorer la ville en mouvement dans toute sa diversité : petits commerces, lieux touristiques haut de gamme, quartiers populaires, nouveaux lotissements et friches”, écrit-elle.
Les images des années 70 ont été créées après le grand soulèvement étudiant de mai 1968, au cours duquel des quartiers de Paris ont été rasés au bulldozer sur les instructions du président modernisateur Georges Pompidou.
La gentrification venait tout juste de commencer dans les quartiers ouvriers du Nord-Est, où beaucoup vivaient dans des conditions proches des bidonvilles, avec des toilettes et des salles de bains communes.
Au printemps 1970, de grandes parties de Paris sont démolies et reconstruites, tandis que des quartiers entiers disparaissent.
La ville et la Fédération Nationale d’Achats des Cadres (FNAC) ont donc lancé un concours pour que les photographes parisiens documentent tout avant que tout ne disparaisse.
Chaque participant a dessiné un carré de 1 755 zones et a été chargé de photographier tout ce qui s’y trouve, y compris les rues, les façades et les moments ordinaires.
Des enfants heureux jouent devant un chantier de construction
Une voiture apparemment en panne est aperçue dans une rue pavée parisienne
Les cours de la Renaissance parisienne se cachent dans les photographies
La photo en noir et blanc montre des Parisiennes assises sur un banc et tenant d’élégants sacs à main.
Deux hommes travaillent sur une voiture dans la rue lorsqu’un passant s’arrête pour jeter un œil
Des photos prises à Paris dans les années 1970 montrent des trottoirs en planches de bois au milieu de la rue.
Le 25 avril 1970, environ 15 000 photographes amateurs se présentent aux Halles de Baltard pour s’inscrire. Plus des deux tiers d’entre eux avaient moins de trente ans.
Le règlement original du concours exigeait que les participants cèdent tous les droits sur leurs photos.
Henri Cartier-Bresson, l’un des photographes les plus célèbres au monde et membre du jury, a démissionné en signe de protestation.
Les syndicats professionnels de la photographie ont condamné ces conditions, la ville de Paris a retiré son parrainage, la FNAC a réécrit les règles du respect des droits d’auteur et le concours a eu lieu.
Le résultat fut 30 000 diapositives couleur et 70 000 tirages noir et blanc, soit environ 100 000 images d’un Paris aujourd’hui partiellement disparu.
L’ensemble des archives est désormais conservé à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris et l’ensemble du fonds a été numérisé.
L’exposition tirée des archives dure du 1er juin au 7 octobre 2026.