L’administration Trump a décidé jeudi de limiter l’immigration légale, en proposant de nouvelles règles qui imposeraient davantage de restrictions sur les personnes autorisées à travailler légalement aux États-Unis et pendant combien de temps.
Dans un dossier non publié au Federal Register, le Département de la Sécurité intérieure (DHS) a déclaré qu’il cherchait à renforcer les règles sur les autorisations de travail, connues sous le nom d’EAD, en particulier pour les personnes bénéficiant d’une libération conditionnelle humanitaire et d’un statut DACA non suspendu, ainsi que pour celles qui risquent d’être expulsées.
En 2024, les services américains de citoyenneté et d’immigration (USCIS) ont traité 978 308 demandes dans la catégorie concernée.
Semaine d’actualités Le DHS a été contacté pour commentaires par courrier électronique.
Nouvelles règles relatives aux permis de travail : ce que vous devez savoir
Le dossier propose des restrictions radicales sur les permis de travail pour certains non-citoyens, limitant fortement l’éligibilité, augmentant le contrôle, raccourcissant le délai d’approbation et liant le renouvellement à l’emploi E-Verify.
Le dossier indique que ses objectifs sont :
- Réduire les incitations à l’immigration clandestine
- Protéger les travailleurs et les salaires américains
- Veiller à ce que les lois sur l’immigration soient strictement appliquées
Les changements refléteront un effort plus large du DHS pour remanier le système d’immigration légale au cours des 18 derniers mois, allant de la révocation du statut de protection temporaire à la modification de la façon dont certaines demandes de carte verte sont traitées.
Selon la proposition, le DHS limiterait l’éligibilité à une autorisation de travail « discrétionnaire », exigeant que les candidats prouvent leurs besoins économiques, passent une vérification de leurs antécédents et répondent à des critères plus stricts au cas par cas. Le changement réduira également la durée de nombreux permis de travail à un an maximum et obligera les candidats au renouvellement à travailler pour des employeurs inscrits au système fédéral E-Verify.
L’un des changements les plus importants concernera les immigrants faisant l’objet de mesures d’expulsion définitives et qui sont actuellement autorisés à rester aux États-Unis sous surveillance. La règle éliminerait l’autorisation de travail pour la plupart de ces groupes, sauf dans les rares cas où le DHS détermine que l’expulsion n’est pas possible car aucun pays n’acceptera l’individu.
La proposition introduit également un examen plus strict des antécédents criminels, déclarant que les arrestations, les condamnations ou les preuves de liens avec des gangs ou des terroristes disqualifieront généralement les candidats à moins qu’il n’y ait un intérêt public fort, comme la coopération avec les forces de l’ordre.
Quels immigrés seront concernés ?
Il y a eu 978 308 demandes EAD au total au cours de l’exercice 2024 dans les catégories concernées :
- 792 130 demandes de libération conditionnelle
- 153 154 demandes d’action différée
- 33 024 demandes d’expulsion
Le DHS estime que très peu de personnes faisant l’objet d’un ordre d’expulsion resteront éligibles. Seulement environ 322 personnes par an ne peuvent pas être expulsées car aucun pays ne les accepte. Environ 167 personnes bénéficient chaque année d’une protection contre la torture.
Que s’est-il passé ensuite
La politique n’est pas encore en vigueur et reste soumise à une période de commentaires publics de 60 jours avant de pouvoir être finalisée. La période s’ouvre le 5 juin.
Il s’agit d’une nouvelle de dernière minute. Mises à jour à suivre.