La NASA a révélé son intention d’allumer un feu sur la Lune pour voir ce qui se passerait en cas de catastrophe lors de futures missions lunaires.
De tous les dangers auxquels les astronautes sont confrontés lorsqu’ils voyagent dans le vide de l’espace, il peut être surprenant que le feu soit l’un des plus redoutés.
En effet, le feu ne se comporte pas de la même manière dans des environnements à faible gravité, comme sur la Lune ou sur la Station spatiale internationale (ISS), que sur Terre.
Cela signifie que des matériaux qui ne sont pas inflammables sur Terre peuvent brûler très longtemps dans l’espace.
Les chercheurs de la NASA proposent d’effectuer le premier test d’inflammabilité sur la surface lunaire, avec une date de lancement prévue plus tard cette année.
Quatre échantillons de carburant seront placés dans une chambre scellée et envoyés par avion vers la Lune dans le cadre du programme spatial lunaire commercial (CLPS).
Ces morceaux de matériau s’enflammeront ensuite tandis que des caméras et d’autres capteurs surveillent la propagation des flammes et la quantité d’oxygène consommée.
Alors que la NASA se prépare à retourner sur la Lune en 2028 avec la mission Artemis IV, les scientifiques affirment que ces tests seront essentiels pour garantir la sécurité des astronautes.
Les scientifiques veulent allumer un feu sur la Lune pour voir comment les flammes se propageraient en cas d’atterrissage catastrophique sur la Lune. Sur la photo : un incendie brûle lors d’essais sur la Station spatiale internationale (ISS)
Sur Terre, la forme et la propagation des incendies sont déterminées par l’influence des courants d’air et de la gravité.
Mais en dehors de l’influence gravitationnelle de la planète, ces facteurs sont très différents.
La gravité signifie que l’air chaud et moins dense s’éloigne de la flamme, attirant de l’air frais et riche en oxygène dans la base.
Ce processus peut parfois donner lieu à un phénomène appelé « soufflage », dans lequel le courant d’air éteint le feu faible.
Sur la Lune, où la gravité est six fois moins forte, ce processus se produit beaucoup plus lentement.
Cela signifie que le flux d’oxygène peut être suffisamment puissant pour allumer une petite flamme, mais pas assez rapide pour éteindre le feu.
En fait, certaines études suggèrent que la gravité de la Lune pourrait en fait constituer un environnement presque parfait pour le déclenchement d’incendies, avec la concentration d’oxygène nécessaire au minimum absolu.
Étant donné que les astronautes sur la Lune vivront dans des habitats remplis d’oxygène à des pressions proches de celles de la Terre, les incendies sur l’avant-poste lunaire ou dans les atterrisseurs constituent un réel danger.
Les scientifiques ont construit une chambre de combustion qui pourrait être envoyée sur la Lune plus tard cette année pour voir comment les matériaux brûlent sous l’effet de la gravité lunaire.
Ceci est important car les matériaux peuvent en réalité être plus inflammables dans l’espace, et la NASA ne dispose que de moyens limités pour tester cela sur Terre, comme lancer des flammes depuis des « tours » pour simuler une chute libre (photo).
Dans leur article, le Dr Paul Ferkul, du Glenn Research Center de la NASA, et ses co-auteurs écrivent : « Les premières preuves numériques et expérimentales suggèrent que la gravité lunaire pourrait être plus dangereuse, car la vitesse de propagation des flammes est fonction des pics de gravité qui s’y trouvent. »
“Par conséquent, un incendie à 0 g partiel dans un habitat extraterrestre constitue un danger réel qui devrait être bien pire qu’à 0 g et potentiellement encore pire qu’à 1 g.”
C’est pourquoi la NASA est si inquiète de voir des choses brûler sur la Lune avant de renvoyer des humains en 2028.
Un gros problème pour les efforts de lutte contre les incendies de la NASA est qu’il est très difficile de tester la façon dont le feu se propage en microgravité.
Actuellement, l’agence s’appuie sur un test connu sous le nom de NASA-STD-6001B pour voir si les matériaux peuvent être utilisés sans danger lors de missions.
Ce test consiste à maintenir une flamme de six pouces au bas d’un morceau de matériau ; s’il brûle à plus de six pouces du fond ou s’il goutte des débris brûlants, il échoue au test.
Cependant, cela ne montre pas vraiment la réalité de la façon dont les choses brûlent dans l’espace.
En microgravité, le feu ne « pointe » pas vers le haut car il n’y a ni haut ni bas, mais se transforme en gouttes sphériques qui se propagent lentement vers l’extérieur.
Sur l’ISS, la NASA a allumé environ 1 500 petits feux dans un dispositif appelé Combustion Integrated Rack, mais il existe des limites de sécurité évidentes quant à la taille de ces flammes.
Le meilleur test jusqu’à présent a été le test de protection incendie du vaisseau spatial (Saffire), dans lequel des feuilles de coton, de fibre de verre et d’acrylique ont été enflammées à l’intérieur d’une capsule cargo sans pilote Cygnus (photo).
Pour tenter de reproduire cela sur Terre, la NASA largue des matériaux en feu depuis de hautes tours ou allume de petits feux lors de vols paraboliques pour simuler brièvement une chute libre.
Mais ces tests ne peuvent recréer les conditions de microgravité que pendant quelques minutes.
Les astronautes de l’ISS ont allumé plus d’un millier de petits feux dans un dispositif appelé Combustion Integrated Rack, mais il existe des limites de sécurité évidentes quant à la taille de ces flammes.
Le meilleur test jusqu’à présent a été le test de sécurité incendie du vaisseau spatial (Saffire), au cours duquel des feuilles de coton, de fibre de verre et d’acrylique ont été enflammées à l’intérieur d’une capsule cargo sans pilote Cygnus avant de brûler dans l’atmosphère terrestre.
Cela a révélé des phénomènes physiques étranges que la NASA n’avait pas anticipés auparavant, tels que des flammes se propageant dans la direction opposée du flux d’air et brûlant sur des matériaux plus minces.
Ces résultats inhabituels ont suffi à convaincre les scientifiques de la NASA qu’ils avaient besoin d’une image plus claire de ce qui pourrait se produire lors d’un incendie lors d’une mission lunaire.
Lorsque le test d’inflammabilité des matériaux lunaires (FM) sera lancé plus tard cette année, ce sera la première fois que la NASA pourra observer en détail un grand incendie dans l’espace.
Ce sera également la première fois que quelqu’un parviendra à allumer un feu à la surface de la Lune.