Selon une nouvelle étude, un nutriment souvent promu pour améliorer la concentration et les performances cérébrales pourrait nuire de manière inattendue à la santé à long terme des hommes.
Publié dans la revue vieux–USA Le 15 juin 2026, des recherches montrent que des taux élevés d’acide aminé tyrosine dans le sang peuvent être liés à une espérance de vie plus courte chez les hommes.
Comprendre ce lien commence par le rôle des acides aminés dans l’organisme, en particulier des composés tels que la tyrosine.
Pourquoi la tyrosine est importante
La tyrosine est l’un des acides aminés dont le corps a besoin pour fonctionner. Les acides aminés agissent comme des éléments constitutifs des protéines et soutiennent des processus importants tels que la réparation des tissus et la production d’enzymes.
Outre la phénylalanine, la tyrosine joue également un rôle dans la régulation du métabolisme et de l’activité cérébrale. On le trouve naturellement dans les aliments comme la viande, le poisson, les œufs et les produits laitiers, et est également vendu dans des suppléments visant à améliorer la concentration, l’énergie et les performances cognitives.
Son lien avec le fonctionnement cérébral vient de son rôle dans la production de neurotransmetteurs tels que la dopamine, la noradrénaline et l’épinéphrine. Ces produits chimiques façonnent l’humeur, l’attention, la motivation et la réponse du corps au stress.
Ce que révèle l’étude
Les chercheurs ont analysé les données de santé et génétiques de plus de 270 000 participants de la biobanque britannique pour déterminer si ces acides aminés affectent la durée de vie.
L’équipe dirigée par Jie V. Zhao, Yitang Sun, Junmeng Zhang et Kaixiong Ye de l’Université de Hong Kong et de l’Université de Géorgie a utilisé deux approches.
Ils ont évalué les liens observés entre les niveaux d’acides aminés et la mortalité et ont appliqué la randomisation mendélienne, une méthode génétique utilisée pour tester si leurs liens pouvaient représenter une relation causale.
Ce qu’ils ont trouvé
La phénylalanine et la tyrosine semblaient initialement associées à un risque de décès plus élevé, mais après une analyse plus approfondie, seule la tyrosine restait associée à l’espérance de vie.
Les hommes ayant des taux élevés de tyrosine dans le sang ont une espérance de vie plus courte – les estimations génétiques suggèrent que cela pourrait atteindre près d’un an.
Il n’y avait pas de relation significative chez les femmes. Les chercheurs ont également noté que les hommes ont tendance à avoir des niveaux de tyrosine plus élevés que les femmes, ce qui peut contribuer à la différence d’âge moyen entre les sexes.
La phénylalanine n’était pas associée à la durée de vie lorsque la tyrosine était prise en compte.
Qu’est-ce qui peut expliquer le lien
Les chercheurs n’ont pas identifié une seule cause mais ont identifié plusieurs voies biologiques possibles.
L’une d’elles est la résistance à l’insuline, une condition dans laquelle les cellules du corps répondent moins efficacement à l’insuline. Elle est liée à des maladies liées à l’âge, notamment le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires et les troubles métaboliques.
Le rôle de la tyrosine dans la production de neurotransmetteurs peut également affecter la façon dont l’organisme réagit au stress au fil du temps : des perturbations de ce système peuvent affecter la santé à long terme.
Les différences liées aux hormones entre les hommes et les femmes peuvent fournir une autre explication pour laquelle l’effet n’a été observé que chez les participants de sexe masculin.
Ce que cela signifie pour les suppléments
La tyrosine est largement utilisée dans les produits commercialisés pour favoriser la concentration et la vigilance, notamment en période de stress.
L’étude n’a pas testé directement le supplément ni évalué si sa prise affecte la durée de vie, elle s’est simplement concentrée sur les niveaux naturels de tyrosine dans le sang.
En conséquence, les résultats ne démontrent pas que les suppléments de tyrosine soient nocifs. Cependant, ils suggèrent que des niveaux élevés de ces acides aminés devraient être pris en compte lors de l’examen de la santé à long terme.
Les chercheurs ont également noté que la réduction de l’apport global en protéines peut réduire les niveaux de tyrosine, même si cela n’améliorera pas le vieillissement en bonne santé.
Que s’est-il passé ensuite
Ces résultats s’ajoutent à l’intérêt croissant porté sur la façon dont la nutrition liée au fonctionnement cérébral peut également jouer un rôle dans le vieillissement.
D’autres études seront nécessaires pour confirmer les résultats dans d’autres populations et mieux comprendre les mécanismes biologiques impliqués. La recherche vise également à déterminer si des changements de régime alimentaire ou de mode de vie peuvent affecter en toute sécurité les niveaux de tyrosine.